Pauline Bernis (Txapelketa), 6e des France de Trail : « je n’avais encore jamais vécu une telle symbiose entre concurrentes »

par Sportagora
Pauline Bernis (Txapelketa), 6e des France de Trail : « je n’avais encore jamais vécu une telle symbiose entre concurrentes »

Planifier une saison sportive aussi bien qu’un territoire : tel pourrait être l’équilibre parfait de cette traileuse-urbaniste de formation. Contrat rempli le week-end dernier à Méribel, avec une belle 6e place aux championnats de France de trail. Pauline Bernis un nom désormais connu et une réputation faite dans le milieu du trail pyrénéen. Repérée par Txapelketa, cette Bayonnaise d’origine fût du voyage en Savoie et signa la performance basque du week-end. Rencontre avec cette montagnarde aguerrie qui aime le D+ ²

Pauline, 6e aux Frances à quelques secondes de la 5e, tu t’y attendais ?

À quoi pouvais-je m’attendre?! Partie à la dernière minute sur un repêchage de Txapelketa, aucune pression ni objectif n’avaient eu le temps de germer. Après une entrée en matière difficile sur les premiers kilomètres (pointée 14e au sommet de la 1ere ascension), les sensations allaient en s’améliorant et m’ont permis d’accrocher un groupe de filles dense qui est aller au bout de l’épreuve ensemble. Le plaisir était à son paroxysme : 7 filles en 8 minutes à l’arrivée, je n’avais encore jamais vécu une telle symbiose: on arrivait groupée aux ravitaillements, tout l’enjeu était de ne surtout pas laisser filer le groupe. C’était très motivant. Finalement la 5e place est à quelques encablures, mais je n’ai rien à regretter, j’ai tout donné !

Tu es donc partie avec la sélection basque de Txapelketa, peux-tu nous détailler les coulisses du déplacement ?

C’était déjà un grand honneur et une belle surprise de faire partie de ce voyage. Qui plus est, avec une organisation du déplacement fantastique. La préparation du voyage fût impeccable et a mis l’ensemble des coureurs dans les mêmes dispositions que des sportifs de haut niveau. Le logement excellent, la partie nutrition gérée par des experts. Nous avons été « chouchouté » par ces passionnées de trail. Pendant la course, l’équipe était présente tous les 10km pour nous ravitailler et nous encourager : c’était énorme ! De les voir à fond derrière me donnait un coup de « boost « énorme tout en sachant qu’il serait là quelques minutes plus tard ! Des vidéos étaient postées sur Facebook Live pour nos proches. Le pied !

Le dénivelé dans le champs!

En dehors de la partie purement sportive, qu’as-tu retenu de cette équipe constituée de coureurs et coureuses locaux?

Une grande cohésion et un partage d’expérience très riche autour d’une passion commune. Avoir l’occasion de passer plusieurs jours avec des traileurs de très bon niveau était une excellente opportunité d’emmagasiner une montagne de conseils sur la préparation, les courses et leur gestion, la récupération et tout ce qui tourne autour de l’entraînement.

Faute de préparation spécifique pour ces Frances, qu’est-ce qui t’a amené à ce niveau pour ces Frances ?

Un savant mélange de course à pied, de vélo plus ou moins forcé et d’expériences sur des distances encore inconnues comme le 130km de l’Euskal Trail (NDLR : 3e en duo avec son mari)

Une préparation hivernale en montagne autour de Gourette à base de ski de rando, de vélo et de course pour préparer la Pyrénéa et la Skypiau (NDLR : vainqueur sur les deux courses). Suite à la TransVulcania à laquelle j’ai pris part, des tendinites aux genoux se sont déclenchées et m’ont contraint à basculer sur un entraînement axé sur le vélo. Mes blessures soignées j’ai abordé le GTVO dans les meilleures dispositions où je finis seconde derrière l’intouchable Jocelyne Pauly.

Tu habites Anglet, comment organises-tu ton entraînement pour être performante en montagne ?

Avec un savant mélange de footing la semaine autour d’Anglet et le week-end en vallée d’Ossau ou dans les Pyrénées basques en printemps/été. J’essaie également de prendre part aux sorties hebdomadaires de mon club Sara Korrika, qui me soutient dans ma pratique. Étant également monitrice de ski pour le plaisir durant les vacances de février, je me réserve également un gros bloc de préparation spécifique « montagne » à cette occasion. Cela reste mes sorties préférées, car fortes en dénivelés positifs.

Tout sourire cette année sur le GTVO. Crédit photo: Pierre Ezcurra

D’où te vient cette appétence pour les pentes raides ?

Bien que Bayonnaise, j’étais inscrite au ski club de Gourette depuis mon plus jeune âge. La montagne, j’ai baigné dedans jusqu’à intégrer le sport étude ski en 1ere à Lannemezan. Je fais également beaucoup de ski de rando ce qui explique notamment mes bonnes performances à Meribel et sur le GTVO qui sont ponctués de longues ascensions. La préparation pour Méribel, bien que courte, s’est concentrée sur mon point faible la descente, où je péchais un peu. Cela a fait son effet avec de bien meilleures sensations.

Du plaisir sans prise de tête, Pauline a la recette, comme ici à Méribel

Comment vois-tu la suite de ta saison ?

Je n’ai rien de planifié, ma saison fut intense et je ressens le besoin de souffler. Mais j’improvise régulièrement en participant à des courses locales qui me tiennent à cœur. Tant que le plaisir est là, les épingles ne sont jamais bien loin !

Quels sont les évènements auxquels tu rêves désormais de participer ?

Je vais probablement revenir à des distances comprises entre 50 et 80km l’année prochaine pour ménager la mécanique, mais forcement l’UTMB et le Grand Raid à la Réunion font rêver. La passion me mènera un jour ou l’autre vers ces deux monuments incontournables de tout passionné de trail !

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